Loup - Reste du monde


11 avril 2011


La Commission européenne, la Suède et le loup

La Commission invite instamment la Suède à respecter la législation en matière d'environnement dans le cadre de la protection des loups menacés d'extinction

La Commission européenne demande à la Suède de respecter la législation de l'UE en matière d'environnement en protégeant de manière adéquate sa population de loups, qui est menacée d'extinction. La Commission s'inquiète de plusieurs aspects de la politique menée par la Suède vis-à-vis des loups et particulièrement de la chasse au loup alors que l'état de conservation de cette espèce est défavorable. Par conséquent, la Commission a décidé, sur proposition du commissaire en charge de l'environnement, Monsieur Janez Potočnik, d'ouvrir une procédure officielle d'infraction en envoyant une lettre de mise en demeure à la Suède.

La Suède reconnaît que l'état de conservation du loup est fragile, et la Commission salue les engagements pris par la Suède en vue d'améliorer la conservation de cette espèce. La Commission a néanmoins le devoir de garantir que ces efforts respectent la législation de l'UE en la matière.
Malgré un échange approfondi d'informations et le dialogue constructif mené depuis juin 2010, y compris des contacts au niveau politique, de graves inquiétudes subsistent quant à savoir si la politique menée par la Suède vis-à-vis des loups est conforme à la législation de l'UE en matière d'environnement et, plus particulièrement, à la directive «Habitats» (directive 92/43/CEE).

Plusieurs aspects de la politique suédoise relative à cette espèce suscitent des questions quant au respect de la législation de l'UE en vigueur, notamment:
  • l'état de conservation défavorable de la population de loups en Suède;
  • le plafond arbitraire de 210 loups autorisés en Suède;
  • la chasse agréée d'une espèce strictement protégée, alors que les conditions rigoureuses permettant d'obtenir une dérogation, établies par la législation de l'UE, ne sont pas remplies;
  • la réduction de l'aire de répartition des loups qui pourrait s'ensuivre;
  • l'organisation de la chasse agréée avant l'introduction annoncée de loups dans le but d'améliorer le statut génétique de l'espèce;
  • le risque qu'une chasse agréée répétée conduise à une chasse pluriannuelle;
  • l'absence de plan de gestion pour cette espèce menacée.
Contexte
La population de loups en Suède est réduite et est victime de l'isolement géographique et de la reproduction en consanguinité. En tant que telle, elle est menacée d'extinction et protégée au titre de la législation de l'UE en matière d'environnement. L'article 12 de la directive «Habitats» offre une protection stricte et, si des exceptions (appelées «dérogations») sont possibles, elles sont subordonnées au respect de conditions rigoureuses.
Toutes les mesures adoptées qui concernent le loup en Suède doivent être étudiées de manière prudente et dûment préparées avant d'être mises en œuvre, de manière à ce qu'elles ne soient pas préjudiciables à la population de loups. Le 17 décembre, le gouvernement suédois a autorisé l'ouverture d'une saison de chasse au loup à partir du 15 janvier, autorisant l'abattage par balle de 20 animaux. Plus de 6 700 chasseurs ont participé à cette chasse. Cette décision est la deuxième autorisant une chasse agréée en Suède (le 17 décembre 2009, la Suède avait autorisé la chasse de 28 loups au début de l'année 2010).

Les inquiétudes de la Commission concernent l'utilisation par la Suède d'une dérogation permettant l'organisation d'une chasse agréée, et non l'utilisation distincte par ce pays de dérogations spécifiques autorisant l'abattage par balle d'un nombre plus restreint de loups afin d'éviter que les animaux d'élevage ne subissent d'importants dommages.

Bruxelles : la Suède sanctionnée pour sa chasse au loup

La Commission européenne a annoncé lundi l'ouverture d'une procédure d'infraction contre la Suède pour protester contre l'autorisation de chasser le loup, jugée illégale, a annoncé le commissaire à l'Environnement Janez Potocnik.

"Les autorités suédoises étaient informées depuis longtemps des préoccupations de la Commission et leur attitude ne me laisse pas d'autre choix que de lancer une procédure d'infraction pour violation des règles européennes sur l'environnement", a-t-il déclaré.
Le lancement de cette procédure sera soumis pour autorisation à la Commission le 27 janvier, a précisé son porte-parole Jo Hennon. La chasse au loup encouragée par le gouvernement dans le cadre d'une politique "d'acceptation" du prédateur s'est ouverte samedi dernier en Suède alors que les défenseurs de l'environnement s'élèvent plus ou moins violemment contre cette deuxième battue en un demi-siècle.
L'Agence suédoise de protection de l'environnement a accordé un quota de 20 loups tués au total pour l'année 2011 "pour atteindre les objectifs de la décision parlementaire visant à ce que la population des loups ne dépasse pas les 210 individus et 20 familles en 2012".
La période de chasse s'étend du 15 janvier au 15 février à moins que les quotas dans chacune des six régions où la chasse est autorisée ne soient atteints plus vite.
Après avoir quasiment disparu, la population de loups n'a cessé d'augmenter depuis 30 ans en Suède où les élevages de moutons et de rennes sont de plus en plus attaqués et où l'animal a pu être repéré près des centre-villes et même en périphérie de Stockholm. L'an dernier, le quota de 27 individus a été atteint en moins de quatre jours de chasse, provoquant une polémique entre chasseurs et écologistes.

Vingt loups tués en Suède

Vingt loups ont été tués dans la première chasse autorisée depuis 45 ans en Suède
STOCKHOLM — Vingt loups on été tués samedi lors de la première chasse autorisée depuis 45 ans en Suède contre ce mammifère après la décision du Parlement suédois d'en limiter le nombre, selon un décompte publié par la presse.
L'administration suédoise de la protection de l'environnement (Naturvårdsverket) (NDLB : sic) a émis des permis pour tuer un total de 27 loups, du 2 janvier au 15 février, dans les cinq régions de Suède où l'animal se reproduit. Ce quota représente près de dix pour cent de la population de loups du pays.
Les régions concernées par le permis de chasse sont la Dalécarlie (centre), le comté de Gävleborg (centre), la Gothie occidentale (sud-ouest), le Värmland (sud-ouest) et le comté d'Örebro (centre). En octobre, le Parlement suédois avait décidé de limiter le nombre de loups à un maximum de 210 individus et 20 meutes au cours des cinq années à venir, en instaurant un permis de chasse dans les régions où des loups se sont reproduits au cours des trois dernières années.
"La principale raison de cette décision est d'augmenter la tolérance de la population à la présence des loups en Suède en limitant leur nombre", avait alors déclaré la directrice de la cellule chargée des animaux sauvages au sein de l'autorité environnementale, Susanna Löfgren. (NDLB : tuer des animaux sauvages afin d'augmenter la tolérance envers les animaux sauvages ! Et maintenant, les anti-loups suédois tolèrent-ils mieux le loup ?  Vont-ils changer leur à-priori ? J'en doute.)
La présence du loup est controversée dans ce pays nordique, où des animaux domestiques et d'élevage sont de plus en plus attaqués et où l'animal est repéré près des centre-villes, dans les banlieues de Stockholm notamment. L'éleveur de moutons Kenneth Holmström explique dans une interview publiée samedi par le quotidien Dagens Nyheter qu'il a perdu 32 ovins en 2005 lors de deux attaques de loups. "Le loup a le droit d'exister dans les forêts et dans les champs mais il doit être mieux contrôlé. Il n'a pas d'ennemi naturel et il se multiplie rapidement", dit-il.
Plusieurs organisations dont la Société suédoise de conservation de la nature ont estimé samedi que cette autorisation de chasse allait à l'encontre de directives de l'Union européenne. La Suède comptait l'hiver dernier entre 182 et 217 loups, selon les estimations de Naturvårdsverket. Après avoir quasiment disparu dans les années 70, le loup a été réintroduit en Suède et sa population n'a cessé d'augmenter. En 2005, elle était estimée à 150 individus.

Québec : Les cerfs se font plus rares

L'excès de chasse, le braconnage et un hiver très rude causant une mortalité élevée chez les cervidés et donc une alimentation riche pour les prédateurs ont fait diminuer la population de grands cervidés au Québec.
Canada, province du Québec
par Louis-Gilles Francoeur
Bon an, mal an, notre groupe de chasseurs voit cumulativement une vingtaine de cerfs durant nos deux premiers jours de chasse. Appelons ça un «indice de visibilité», pas scientifique du tout, parce que plusieurs des femelles et faons ainsi comptabilisés sont aperçus parfois deux fois par jour, et presque toujours deux jours de suite.
Mais toutes choses étant égales, le même groupe sur le même territoire a vu un grand total de trois cerfs cette année, et dans un cas, il s'agissait d'une jeune femelle, suivie, à quelques mètres près, par un lynx...
Un hiver très rude
Nous avons tous immédiatement pensé que cette baisse anormale du cheptel habituellement présent dans notre territoire était principalement imputable à l'hiver dernier. L'épaisseur exceptionnelle de la neige obligeait les cerfs à dépenser souvent plus d'énergie que leurs déplacements n'en rapportent, ce qui explique que le Québec a historiquement constitué l'aire limite nordique de l'espèce.
Dans mon coin de Lanaudière, nous avons un problème supplémentaire, un braconnage intensif qui dépasse l'entendement dans certains coins. Comme la chasse aux biches et aux faons est interdite, nous avons toujours continué de voir les mêmes bêtes à peu près aux mêmes endroits pendant toute la durée de notre chasse. Mais cette année, après 48 heures de chasse, nous n'avons plus revu la moindre femelle, ni le moindre faon. Les carottes sont demeurées intouchées pendant les 15 jours qui ont suivi. On raconte dans le coin qu'elles ont été abattues par des apaches qui se vantent de les avoir atteintes silencieusement avec leurs nouvelles arbalètes. Les cerfs en question seraient ensuite dépecés à la résidence, sur la foi des conseils et techniques qu'a expliqués abondamment cet automne un certain magazine de chasse.
Un bilan inquiétant
Le bilan provisoire de la chasse aux cerfs, qui apparaît sur le site du ministère des Richesses naturelles et de la Faune (MRNF), indiquait hier que la récolte atteignait jusqu'ici 47 534 cerfs. Posons comme hypothèse que les derniers jours de chasse à la poudre noire vont ajouter quelque 2500 bêtes, et on pourrait atteindre les 50 000 chevreuils abattus en 2008. Plus ou moins.
C'est néanmoins 25 000 cerfs de moins que l'an dernier, alors qu'on atteignait le chiffre record de 74 938 bêtes abattues, un chiffre supérieur au cheptel entier de cerfs du Québec «continental» des années 70, qu'on évaluait alors autour de 60 000 têtes.
Cette réduction de 33 %, en gros, de la récolte masque probablement une baisse de population encore plus importante, qui pouvait atteindre cet automne environ 50 % de celle de l'an dernier.
En effet, les résultats de la chasse ne reflètent pas l'abondance réelle d'un cheptel. Lorsqu'il y a moins de chevreuils, plusieurs chasseurs vont chasser plus longtemps ou plus intensivement pour obtenir le résultat des années précédentes. Ce surcroît d'effort peut augmenter sensiblement la récolte et masquer une baisse du cheptel, ce qui s'est produit dans les années 80 en Gaspésie. Ainsi, un voisin a fini par abattre son cerf, mais il a mis dix jours au lieu de trois ou quatre dans son territoire habituel. Comme nous n'avons pas un indice valable pour évaluer cet effort additionnel, on peut postuler raisonnablement que les chasseurs ont bénéficié d'une population globale réduite de moitié et non du tiers, ce qui serait énorme.
Le rétablissement de cette population va rencontrer bien des difficultés, y compris un braconnage plus intensif des femelles et des faons grâce à la prolifération des arbalètes, qui ont remplacé les carabines après quelques jours de chasse infructueuse aux cerfs mâles.
On peut mesurer le problème croissant qui se dessine en constatant que pour la première fois cette année la récolte des arbalétriers a dépassé en importance, et de beaucoup dans certaines régions, celle de l'arc, à laquelle elle faisait désormais concurrence dans la première période de chasse. Les apprentis sorciers de Québec qui ont préparé cette stratégie ont semé les germes d'un mal dont les véritables conséquences pourraient nous hanter longtemps en raison du nombre croissant des arbalètes en circulation.
Ainsi, en 2007, les archers ont abattu durant la période de chasse à l'arc de septembre-octobre 5792 cerfs, contre 3355 par les arbalétriers. Mais cette année, les arbalétriers ont envahi la saison à l'arc partout, avec pour restriction de ne chasser que les mâles dans les régions où les concentrations sont plus faibles, comme dans Lanaudière côté est.
Ce changement a totalement renversé la situation en faveur des arbalétriers, qui ont récolté cette année 6245 cerfs, contre 2406 pour les archers. En somme, 72 % de la récolte durant l'ancienne saison réservée à l'arc est désormais le fait des arbalétriers. La prolifération de ces armes à énergie retenue, comparable à une arme à feu à tous égards sauf le projectile, a aussi inversé la proportion de succès durant la chasse à l'orignal. Ainsi, en 2008, les arbalétriers ont récolté 1874 orignaux, contre 859 pour les archers. L'an dernier, c'était l'inverse, alors que 1135 orignaux étaient abattus à l'arbalète et 2076 à l'arc.
Première conclusion, le sport de l'archerie va en prendre un coup, car qui va se payer un entraînement réparti sur un an alors que mirer un arc prend quelques minutes et pas le moindre entraînement, lorsqu'on connaît le jeu des trajectoires? Et le braconnage risque fort de s'intensifier au-delà de tout ce qu'on connaît car les agents de la faune ne pourront pas patrouiller chaque terre privée, d'autant plus que les tirs de femelles par des braconniers seront désormais totalement silencieux. On aurait voulu stimuler le braconnage qu'on n'aurait pas fait autrement! Mais ce problème soulève une autre question, plus fondamentale, à savoir: que vaudront les statistiques de récolte si le phénomène du braconnage, qui croît généralement avec la rareté, prend encore plus d'ampleur?
Les prédateurs à quatre pattes
À la prédation humaine, il faut aussi ajouter la prédation animale, qui frappe d'autant plus durement les cheptels qu'ils sont en déclin ou en baisse, explique la spécialiste des loups au MRNF, Hélène Jolicoeur.
Beaucoup de chasseurs racontent avoir vu et entendu des loups et des coyotes pendant leur chasse au cerf, ce que la plupart n'avaient jamais vu. Pour la biologiste Jolicoeur, il est certain que l'abondance des proies et des cadavres de cerfs morts de froid ou d'épuisement dans les neiges exceptionnellement épaisses de l'hiver dernier a favorisé les prédateurs, qui ont survécu en plus grand nombre. En même temps, les biches épuisées par les efforts de la survie sont mortes en grand nombre ou ont avorté, dans plusieurs cas. Mais, soutient-elle, le cheptel de cervidé demeure trop abondant encore pour que les prédateurs à deux pattes aient pu avoir un effet déterminant, comme ils en avaient eu un sur le cheptel famélique des années 70. Dans cette situation, loups et coyotes exploitent surtout, dit-elle, le troupeau de façon compensatoire, c'est-à-dire en s'attaquant aux plus faibles, qui seraient morts naturellement dans une large proportion de toute façon.
Les loups et les coyotes ont aussi profité d'une autre aubaine, elle aussi attribuable à la neige surabondante de l'hiver dernier. En effet, cette abondance de neige a incité plusieurs trappeurs à réduire leurs activités, ce qui a laissé en forêt un nombre supérieur de géniteurs et de génitrices, loups et coyotes. Il faut dire que ces derniers, généralement jugés moins forts que les loups, semblent au Québec travailler plus collectivement, ce qui les rend plus efficaces contre les gros cerfs. Mais les études sur le coyote sont rares au Québec et remontent à quelques décennies, ce qui est plutôt surprenant puisqu'il s'agit du principal prédateur de la province.
Une chose demeure certaine: le choc de l'hiver dernier sur le cheptel des cervidés mérite une réévaluation de sa stratégie de gestion, y compris des règles comme l'utilisation de l'arbalète pendant la traditionnelle première saison autrefois réservée à l'arc. Mais gageons que tout sera essayé, s'il faut changer quelque chose, sauf ça, clientélisme oblige.

Norvège : La population de loups stable

Les chercheurs norvégiens affirment avoir trouvé les traces de 40 à 50 loups sur le territoire du pays, au cours de l'hiver 2006-2007. Ce résultat indiquerait que la population de loups est stable.
La moitié des animaux répertoriés n'ont pas quitté le pays. L'autre moitié s'est aventurée en Suède. Selon le rapport rédigé par les responsables de Skandulv - un projet de recherche sur les loups - la Norvège, la Suède et la Finlande comptent au minimum 136 loups, et pas plus de 169. Ces conclusions ont été tirées sur la base d'observations effectuées entre le 1er octobre 2006 et le 28 février 2007.
Pendant la même période l'année précédente, les chercheurs avaient établi qu'il y avait entre 141 et 160 loups dans les trois pays. La comparaison des résultats des deux années démontre, selon les chercheurs, que la population de loups est "stable ou en croissance extrêmement limitée".

Trop de daims au pays-bas, une non information

L'introduction de loups est à l'étude à Amsterdam, mais peut-être pas ou alors on ne sait pas. Marjolijn a trop fumé ?
L'introduction de prédateurs, des loups ou des lynx, est l'une des options à l'étude pour lutter contre la surpopulation de daims dans un parc de dunes naturelles à l'ouest d'Amsterdam, a indiqué mercredi une porte-parole de la commune à l'AFP.
Waternet, le gestionnaire du parc, "a fait des propositions d'étude. L'une d'elles est d'introduire des prédateurs", a déclaré Marjolijn van Goethem.
"Mais d'autres scénarios ont aussi été proposés, comme la chasse sélective, l'utilisation de médicaments contraceptifs, l'installation de grilles plus élevées pour éviter que les animaux ne s'échappent ou tout simplement ne rien faire !", a-t-elle ajouté.
Quelque 1.500 daims peuplent ce territoire où des eaux usées sont traitées par filtrage dans du sable. En 2006, ils ont causé 13 accidents de la route après avoir sauté par-dessus la clôture et rejoint les zones urbaines qui l'entourent.
Selon Waternet, en l'absence d'ennemi naturel, la population de cervidés s'accroît de 30% chaque année. Le parc est en partie ouvert au public, qui peut y faire des randonnées. "C'est aussi la raison pour laquelle les loups ne sont pas l'option la plus logique", selon Mme van Goethem. Après l'étude des différentes options, le conseil municipal devrait prendre une décision "dans quelques mois", a-t-elle précisé.

L'avenir des grands prédateurs en Ecosse

publié par "The Guardian". Traduit par Pierre.
12 août 2007
Paul Lister, un millionnaire qui possède un immense domaine (environ 100 km²) dans les Highlands écossais, veut en faire une réserve naturelle privée (pour la faune et la flore) sur le modèle des parcs africains, et vient notamment d'obtenir une licence pour y introduire des grands prédateurs, dont le loup, le lynx, et l'ours...
Il faut savoir qu'en Ecosse il n'existe pratiquement pas de domaine public naturel. Pratiquement toute la terre appartient à des propriétaires privés: en général de très gros propriétaires, marque de la survivance d'un système de type féodal*. Ce n'est pas forcément un modèle à retenir sur son aspect social, mais on peut néanmoins lui voir quelques avantages: un mécène ou une organisation environnementale qui a les moyens peut acquérir de grandes surfaces et les gérer dans un but de conservation, même si la volonté politique n'existe pas dans le pays.
Et le fait est que les organisations de ce type ont les moyens en Ecosse ! La plus connue est le "National Trust for Scotland", forte de 250 000 adhérents (ce n'est pas rien pour un petit pays de 5 millions d'habitants!). Le National Trust for Scotland gère des sites du patrimoine culturel ou naturel écossais. On peut noter qu'en France (et probablement dans les pays latins en général), dans le domaine environnemental nous n'avons pas d'organisations suffisamment puissantes de ce type pour faire un contrepoids efficace face aux lobbys agricoles et de la chasse, qui ont beaucoup de moyens.
Dans le cas qui nous occupe toutefois, ce n''est pas une organisation mais un mécène de l'environnement qui souhaite mettre en pratique ses idées sur ses terres. Et il y a de quoi faire...
L'Ecosse peut en effet laisser une impression curieuse à ses visiteurs. Les Highlands sont sauvages au sens où la densité de population est très faible. Les paysages sont vraiment magnifiques, parmi les plus beaux que je connaisse. Néanmoins il faut savoir que la lande actuelle, qui est le biotope ultra dominant, est un pur paysage créé par l'homme, résultat d'une déforestation constante au cours des siècles : le biotope naturel des Highlands c'est la forêt, forêt dont il ne reste plus que 1% de sa surface d'origine ! Les causes majeures de cette déforestation sont :
  • l'exploitation du bois à une certaine époque pour la marine et pour les usages domestiques.
  • la prolifération des cerfs en l'absence de tout grand prédateur (si ce n'est l'homme), cerfs qui mangent toutes les jeunes pousses d'arbres...
  • à partir du 18ème siècle, l'élevage ovin extensif: on trouve des moutons pratiquement partout, en totale liberté... On a « déforesté » pour les moutons, et maintenant ceux-ci, tout comme les cerfs, mangent tout ce qui pousse et qui dépasse quelques centimètres.
Il faut savoir également que les grands prédateurs ont été éliminés du territoire il y a déjà longtemps (2 siècles pour le loup, et plus de 1000 ans pour le lynx et l'ours - Wikipédia : Fauna of Scotand). Ainsi, sous leur apparence sauvage, les Highlands constituent un territoire largement domestiqué. Aventuriers, passez votre chemin...
Aujourd'hui, il existe quelques programmes de reforestation, mais très limités et pas évidents à mener. Il faut cloturer avec grand soin les zones à boiser pour les protéger des cerfs et des moutons, sans bien savoir ce qu'il adviendra une fois les arbres adultes. Pourra t’on enlever les clôtures ? La pression des cerfs permettra t’elle à la forêt de se régénérer toute seule ? Des scientifiques pensent que la réintroduction du loup, prédateur naturel du cerf, permettrait de rétablir un meilleur équilibre écologique global. En fait, l'idée de réintroductions de grands prédateurs en Ecosse semble faire petit à petit son chemin, même si la société n'y est pas forcément prête dès aujourd'hui. Le projet de Paul Lister pourrait précipiter les évènements, en réalisant une expérience grandeur nature.
Pierre
*A noter qu'en 2003, une loi (Land Reform Act) à été votée afin d'atténuer les effets les plus négatifs de ce système. Elle garantit notamment le libre accès pédestre de tous à la nature, indépendamment du droit de propriété (un propriétaire ne peut interdire l'accès à ses terres, sauf certains exceptions), consacrant ce qui était jusque là un usage admis. Elle facilite également le rachat, par des communautés d'habitants, des terres sur lesquelles ils vivent.
Source : The Guardian

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