Le Viêt Nam (Viêtnam, Viêt-nam, Vietnam ou Viet Nam), en forme longue la République socialiste du Viêt Nam (République socialiste du Viêtnam, République socialiste du Viêt-nam, République socialiste du Vietnam ou République socialiste du Viet Nam), en vietnamien Việt Nam et Cộng hoà Xã hội Chủ nghĩa Việt Nam , est un pays d’Asie du Sud-Est situé à l’Est de la péninsule indochinoise. Il a une superficie de 341 690 km2 et compte environ 85 millions d’habitants. Il est bordé par la Chine au nord, le Laos, le Cambodge et le golfe de Thaïlande à l’ouest et la mer de Chine méridionale à l’est et au sud. Sa capitale est Hanoï.
Étymologie
Viêt Nam signifie textuellement les Viêt du Sud. Le pays Âu Lac aurait occupé la région cantonaise. Il aurait été amputé du nord de son territoire par les conquêtes chinoises. Ne restant que le sud, le royaume prend le nom de Nam Viêt (c’est-à-dire le « pays des Viêt du Sud ») pour signifier la perte de ses terres. Le Nam Viêt n’est alors que la partie nord du Viêt Nam actuel.
Chronologie
257–208 av. J.-C. : royaume de Âu Lac ;
208 av. J.-C. : fondation par le général Zhao Tuo du Nam Viêt (« pays des Viêts du Sud ») ;
111 av. J.-C. : invasion du Nam Viêt par les Han (Chinois) ;
iie siècle : fondation du royaume du Champâ en Annam, dans la région de Hué ;
446 : invasion du Champâ par les Chinois ;
679–868 : protectorat général d’Annam ;
938 : révolte de Ngô Quyên, qui fonde un État indépendant et se proclame empereur ;
965 : insurrection des Douze Seigneurs, qui se proclament indépendants ;
968 : victoire de Đinh Bô Linh sur les Douze Seigneurs et fondation de l’Empire unifié du Đại Cồ Việt ;
979 : assassinat de Đinh Bô Linh ; attaque de Hoà Lu, la capitale, par les troupes du Champâ menées par Ngô Nhât Khanh, l’un des Douze Seigneurs ;
980–1009 : dynastie des Lê antérieurs au Đai Cô Viêt ;
981 : victoire de l’empereur viêt Lê Đai Hành sur la Chine des Song ;
982 : destruction par Lê Đai Hành d’Indrapura, capitale du Champâ ;
983 : un Viêt se proclame roi au Champâ ;
1010–1225 : dynastie des Lý au Đại Việt ;
1018 : envoi par l’empereur viêt d’une ambassade en Chine pour en rapporter les textes fondamentaux du bouddhisme ;
1025 : début du Nam Tiên, la « marche vers le Sud » (colonisation du Champâ par le Đại Cồ Việt) ;
1054 : le Đại Cồ Việt prend le nom de Đại Việt ;
1070 : fondation à Thang Long (Hanoï) du temple de la Littérature, consacré au confucianisme ;
1145 : invasion du Champâ par les Khmers ;
1226–1400 : dynastie des Tran au Đại Việt ;
1374 : interdiction de parler la langue cham en pays viêt ;
1400–1407 : dynastie des Hô au Đại Việt, invasion du pays par la Chine des Ming ;
1418–1426 : guerre de libération du viêt Lê Lợi ;
1428–1788 : dynastie des Lê postérieurs au Đại Việt ;
1470 : fin du royaume du Champâ ;
1516 : Débarquement de marins portugais, premiers occidentaux au Viêt Nam ;
1527–1592 : dynastie des Mac ;
1600 : partage du pays en royaume du Nord et royaume du Sud ;
1771 : révolte des frères Tây Sơn ;
1788 : Quang Trung, l’un des Tây Sơn, se proclame empereur ;
1802 : victoire de Gia Long contre les Tây Sơn, début de la dynastie des Nguyễn ;
1858 : débarquement des Français à Da Nang ;
1865 : fondation de la colonie française de la Cochinchine ;
1884 : fondation du protectorat français sur le Tonkin ;
1930 : fondation du Parti communiste indochinois ;
1940 : invasion de l'Indochine par l'Empire du Japon, puis occupation avec l’accord des autorités de Vichy ;
1941 : fondation du Việt Minh et début de la Résistance viêtnamienne ;
mars 1945 : coup de force japonais contre les Français, proclamation de l'indépendance de l'Empire du Viêt Nam ;
août 1945 : révolution d'Août, reddition japonaise et abdication de l’empereur Bảo Đại ;
2 septembre 1945 : proclamation par Hô Chi Minh de l’indépendance de la République Démocratique du Viêt Nam
1946–1954 : Guerre d'Indochine ;
1949 : création de l’État du Viêt Nam au Sud par l’administration française, avec pour chef d’État Bảo Đại et premier ministre Ngô Đình Diệm ;
7 mai 1954 : défaite française de Diên Biên Phu ;
20 juillet 1954 : signature des accords de Genève, partition du pays au niveau du 17e parallèle avec au Nord, un État communiste, la République démocratique du Viêt Nam (RDVN ou Nord-Viet Nam), fondé par Hô Chi Minh et, au Sud, la République du Viêt Nam (RVN ou Sud-Viet Nam), régime nationaliste et d’économie de marché proclamé par Ngô Đình Diệm ;
1956 : refus par le président de la République du Viêt Nam, Ngô Đình Diệm, d’organiser des élections ; arrivée des premiers conseillers militaires américains ; réactivation des réseaux Việt Minh au Sud ;
1959–1975 : guerre du Viêt Nam ;
janvier-février 1968 : offensive du Têt ;
2 mars 1973 : signature des Accords de Paris : Richard Nixon retire la majorité de ses troupes ;
30 avril 1975 : défaite du Sud, victoire du Nord et du Việt Cong, fin de la guerre du Viêt Nam ;
2 juillet 1976 : réunification officielle en une République socialiste du Viêt Nam avec Hanoï pour capitale ; dans le même temps, Saïgon devient Hô Chi Minh Ville ;
20 septembre 1977 : admission du Viêt Nam à l’Organisation des Nations unies (ONU) ;
juin 1978 admission au Comecon (Conseil d'assistance économique mutuelle)
1979 : Le Viêt Nam met fin au régime des Khmers Rouges. Occupation du Cambodge ;
février-mars 1979 : Conflit de la frontière sino-vietnamienne ;
23 juillet 1980 : premier cosmonaute vietnamien lancé dans l’espace Phạm Tuân ;
1986 : début de la politique d’ouverture économique du Viêt Nam ("Dôi moi") ;
Septembre 1989 : les troupes vietnamiennes quittent définitivement le Cambodge ;
4 février 1994 : levée de l’embargo américain sur le Viêt Nam ;
28 juillet 1995 : admission du Viêt Nam à l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est ASEAN ;
11 janvier 2007 : accession du Viêt Nam à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ;
16 octobre 2007 : élection du Viêt Nam au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
18 avril 2008 : lancement du premier satellite commandité par le Viêt Nam VINASAT-1.
Géographie
Le Viêt Nam est un pays d’Asie du Sud-Est, entouré à l’ouest par le Laos et le Cambodge et au nord par la Chine. Il est bordé par la mer de Chine, le golfe du Tonkin et le golfe de Thaïlande. Il a une surface de 331 690 km2 dont 4 200 km2 d’eaux territoriales. Sa frontière maritime est longue de 3 260 km. Il a la forme d’un « S » étiré, dont les extrémités seraient distantes de 1 650 km.
Le Vietnam est constitué de trois grandes régions, appelées Bô :
au Nord, le Tonkin (Bắc Bộ), avec comme villes principales Hanoi et Haiphong ;
au centre, l’Annam (Trung Bộ), traversée par la cordillère annamitique, avec comme villes principales Huê et Da Nang (anciennement Tourane) ;
Topographie
Les montagnes et les hauts plateaux occupent les deux tiers du territoire vietnamien. De la région de Thanh Hoa, à la frontière chinoise, au col de Lao Bao (région de Đà Nẵng), sa frontière Ouest est constituée par la cordillère de Truong-Son du Nord, issue du plateau tibétain. La cordillère du Sud s’étend du col des Nuages, au sud de la région de Đà Nẵng, jusqu’à celle de Đà Lạt.
Riziculture[modifier]
Climat
Le climat vietnamien est de type tropical au sud et subtropical humide au nord, avec des moussons ; l’humidité descend rarement en dessous de 85 % dans les plaines. Par contre, dans les régions montagneuses (Dalat, Sapa), le climat est plus sec et les hivers peuvent être rigoureux. Il existe deux saisons : la saison sèche (de novembre à avril dans le sud du pays et de février à août au centre) et la saison humide (de mai à octobre au sud et de septembre à janvier au centre).
En raison des différences de latitude et du relief varié, le climat diffère considérablement selon les régions. Durant l’hiver ou la saison sèche, c’est-à-dire entre novembre et avril, les vents de la mousson viennent du nord-est, le long de la côte chinoise et à travers le Golfe du Tonkin où ils engrangent beaucoup d’humidité. La saison sèche ne l’est donc qu’en comparaison avec la saison des pluies.
Durant la saison des pluies, l’air chaud du désert de Gobi monte et l’humidité des océans est aspirée dans toute l’Asie. De lourdes pluies se déversent sur le Viêt Nam. Les pluies vont d’importantes dans certaines régions à torrentielles dans d’autres, et s’échelonnent entre 1 200 mm à 3 000 mm. Presque 90 % des précipitations se produisent lors de cette saison. Il y a fréquemment des précipitations de 200 à 300 mm en 24 h. Ces fortes précipitations peuvent avoir lieu à n’importe quelle saison. Pendant la saison des typhons, de septembre à décembre, des précipitations de 1 000 mm en 24 h peuvent se produire.
La température moyenne est généralement plus élevée dans les plaines que dans les montagnes et sur les plateaux. Elle varie de 5 °C en décembre et janvier, à plus de 37 °C en avril. Les saisons sont plus marquées dans la moitié nord du Viêt Nam qu’au sud, où la température ne varie quasiment qu’entre 21 et 28 °C.
Économie
Les guerres, les importantes dépenses d’armement et la planification de l’économie ont grandement affaibli l’économie du Viêt Nam. Celui-ci enregistre cependant, depuis la levée de l'embargo américain au milieu des années 1990, une nette reprise de l’économie coïncidant avec une libéralisation économique progressive, à l'image de son voisin chinois. Depuis les années 2000, on parle même d’un décollage économique puisque le taux de croissance réel du PIB passe de 4,7 % en 2001 à 7,8 % en 2007, même s'il est redescendu à 6,3 % en 2008 et 5,3 % en 2009 à cause de la crise économique2. Toutefois, il est remonté en 2010 à 6,8%2.
L'agriculture est très importante, avec 51,8% des emplois totaux. Le secteur des services en occupe 32,7% et celui de l'industrie 15.4% (2009)2.
Le Sud, très fertile, cultive surtout le riz. Produit de base essentiel, cet aliment est aussi un produit d’exportation. Le Viêt Nam constitue le troisième exportateur mondial de riz. Les ressources minières et l’industrie lourde se concentrent en revanche vers le Nord. Le principal produit d’exportation, le pétrole, représente 20 % des revenus du commerce extérieur, principalement grâce au gisement de pétrole au large de Vũng Tàu (Cap Saint-Jacques).
En 2010, les trois principaux partenaires du Viêt Nam, pour ses exportations, sont les États-Unis (20%), le Japon (10,7%) et la Chine (9,8%)2.
Le Viêt Nam fait partie de la Coopération Économique Asie Pacifique (APEC) ainsi que de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis le 11 janvier 2007.
L'inflation s'est envolée au Vietnam, atteignant jusqu'à 23,1% en 20082.Cette envolée des prix a mis à mal les habitants les plus pauvres3. Elle a toutefois baissé à 7% en 2009 pour remonter en 2010, à 11,8%2. La corruption est aussi très présente : le Viêt Nam est 116e sur 178 pays dans l'indice de perceptions de la corruption 2010 de Transparency International4.
Santé
Le Viêt Nam est touché par les maladies tropicales habituellement recensées dans la région. On suspecte également les dioxines contenues dans les défoliants (Agent orange) dispersés par l’armée américaine durant la guerre (pour éclaircir la jungle et chasser les maquisards qui s’y cachaient) d’être responsables d’un taux anormal de malformations congénitales. La dioxine tue encore chaque jour au Viêt Nam : dans chaque kilo d'« Agent orange », il y avait 30 mg de poison. Les séquelles sanitaires de la guerre pourraient également comprendre les impacts toxicologiques ou écotoxicologiques de composants d’autres armes « conventionnelles ». Par ailleurs, les pollutions industrielle, agricole (engrais, pesticides) et urbaines (augmentation du trafic, essence plombée…) ont fortement augmenté.
De 2003 à 2005, le Viêt Nam a eu le plus grand nombre de morts de la grippe aviaire à H5N1, devant l’Indonésie (devenue en 2006 le pays le plus touché par le virus). À partir de 2005, les mesures de lutte contre la zoonose et l’épidémie ont donc semblé porter leurs fruits.
Démographie
La démographie du Viêt Nam se caractérise par un regroupement de la population dans les plaines littorales, principalement les deltas du fleuve Rouge et du Mékong.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à 1954, la population a crû chaque année de 1,5 %, puis de 4 % de 1954 à 1960. De 1960 à 1975, la hausse s’est stabilisée à 3 % avant de retomber à 2,2 % jusque dans les années 1990. Depuis lors, la croissance annuelle de la population s’établit à 1 %. Ces taux élevés n’ont été égalés, dans l’Asie du Sud-Est, que par les autres pays de la péninsule indochinoise, le Cambodge et le Laos. Ils ont conduit à un doublement de la population en 32 ans.
Ils s’expliquent par un recul constant de la mortalité depuis 1945, jusqu’à atteindre les 7 ‰ actuels —avec toutefois d’importantes disparités selon les ethnies— et en particulier une mortalité infantile relativement faible par rapport aux autres pays asiatiques. Parallèlement, les taux de fécondité et de natalité se sont maintenus à des niveaux élevés jusque dans les années 1970, respectivement à hauteur de six naissances par femme et de 40 ‰. Plus récemment, comme l’a fait la Chine, le gouvernement du Viêt Nam a limité le nombre d’'enfants par famille à deux, ce qui fait que la natalité a subi un repli constant jusqu’à atteindre les 18 ‰ actuels. Le Viêt Nam a donc achevé sa transition démographique.
Langues
La langue officielle, le vietnamien, est aujourd’hui écrite au moyen d'un alphabet dérivé de l'alphabet latin. Cette romanisation se nomme quốc ngữ ; elle découle de la volonté des missionnaires catholiques du xviie siècle de retranscrire dans un système phonétique une langue qui n’était alors transcrite que dans le système d'écriture en caractères vietnamiens dérivé du chinois (chữ nôm). Le jésuite Alexandre de Rhodes établit ainsi le premier dictionnaire de langue annamite, en transcrivant les phonèmes vietnamiens sur la base de la phonétique du portugais.
L’utilisation de cette transcription alphabétique a été imposée par le gouvernement français en 1918 et est devenue la méthode officielle d’écriture du Viêt Nam à l’indépendance du 2 septembre 1945.
Le Viêt Nam fait partie de la francophonie : en effet, le pays, ancienne colonie française, comporte une minorité francophone (environ 120 000 francophones « réels » ou partiels.)6 essentiellement constituée de personnes âgées ayant connu l’époque coloniale. Aujourd’hui, le français reste très enseigné dans les écoles du pays. Mais les jeunes Vietnamiens misent aussi sur l’apprentissage de l’anglais (2 500 000 anglophones réels au minimum), et il y à autant d'Anglophones partiels, ce qui fait du Vietnam le pays ayant le plus d'Anglophones, en Asie du sud-est, aprés les Philippines, et avant la Thaïlande.
Le chinois mandarin est beaucoup parlé (deux millions de locuteurs au moins), même si une grande partie des Chinois du pays parlent vietnamien. On compte encore 12 000 à 15 000 russophones (héritage de l’aide de l'URSS des années 1960 à 1980). Avant la crise économique de 2007–2008, le russe connaissait un renouveau, avec les riches touristes russes (oligarques), issus du boom économique de la fin des années 1990 et du début des années 2000. Il y a également 50 000 à 65 000 germanophones, phénomène lié au retour de Vietnamiens de l'ex-RDA, de 1989 à 1999. Un renouveau de l'allemand a été constaté depuis le début du siècle (essor du tourisme, forts contingents de touristes allemands, échanges commerciaux plus importants et touristes plus nombreux que les Français). De plus, il y a de nouveau une forte immigration de Vietnamiens en Allemagne, avec de multiples échanges et de nombreux aller-retours, qui font de l’allemand la troisième langue européenne la plus parlée dans le pays.
Le khmer (cambodgien) conserve quelque 500 000 locuteurs, surtout dans le Sud, près de l'ex-Saïgon.
Par ailleurs, le Viêt Nam connaît une grande diversité linguistique, puisqu’il compte 75 langues appartenant à différentes familles :
austroasiatique (viêt, muong, khmer) ;
tai-kadai (langues tày) ;
hmong-mien (hmong) ;
austronésienne (cham, jarai) ;
sino-tibétaine (chinois).

